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18 décembre 2014

Oprah Winfrey 3.0

C’est donc tout naturellement que le choix de Wired pour sa couverture de rentrée 2015 s’est porté sur Jessica Williams qui s’accommode avec aisance dans l’univers coloré, audacieux et innovateur de la publication branchée. Une réelle consécration pour celle qui cultive l’ironie sans modération, brille par sa personnalité atypique et détonne grave dans ce cercle immaculé de filles arty à la sauce hipster qui fait bouger la Grosse Pomme mais s’auto-proclamer comme la future Oprah Winfrey, n’est-ce pas trop ambitieux ?

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Solange-esque dans les pages du mensuel, l’actrice de 25 ans s’exprime avec confiance sur ses aspirations futures et avoue vouloir marcher sur les traces de son idole, Oprah Winfrey. The World Needs a Smart Site, and I’m Just the Person to Run It, Le monde a besoin d’un site intelligent et je suis la bonne personne pour le diriger témoigne qu’en plus d’être bien dans ses baskets, son boulard pourra bientôt rivaliser avec celui de la prêtresse du petit écran. L’audace de Jessica Williams est un vent d’air frais dans ce climat peu propice à la nouveauté. Jessica fait partie de cette nouvelle génération de femmes couteau suisse : brillante, percutante, marrante et bien dans sa peau. Un souffle d’originalité dans ce paysage audiovisuel saturé.

L’hyper connectée originaire de Californie est un cas intéressant pour l’avenir de la télévision et de tous les médias dont elle a déjà pris l’assaut. Celle qui fait ses armes en tant que correspondante du Daily Show sur Comedy Central, une émission satirique dont seule les Américains ont la recette, a le profil idéal pour devenir un phénomène émergent à part entière. Time Out Magazine ne s’y était pas trompé en la répertoriant parmi les futures personnalités à suivre dans son numéro The Top 10 funniest women in NYC, le top 10 des femmes les plus marrantes de New York. En plus de son talent indéniable, son charisme naturel se charge de faire le reste.

Plus d’un milliers de followers sur Twitter et Instagram, Jessica n’hésite pas à partager ses états d’âme sur l’atmosphère raciste qui sévit dans l’Amérique de l’ère Obama. C’est finalement ce qui la différencie sensiblement de toutes ses consoeurs boulottes et rigolotes. Son impact va au-delà du divertissement à l’état pur. A elle seule, elle cristallise les tensions émanant de la communauté afro-américaine et n’hésite pas à se transformer en porte-voix pour crier son mécontentement si nécessaire. A l’instar d’Oprah, peu de femmes ont eu le courage d’utiliser leur popularité pour éveiller les consciences et faire de la télévision un lieu de connexion, de confession et d’identification.

Proposant une analyse sérieuse de la pop culture inscrite dans l’émergence d’une nouvelle vision de l’information plus ancrée dans le métissage, cette perspective plus ouverte sur les races, les genres et surtout les mentalités est à contre-courant de ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis. En se considérant comme un pont entre les communautés, Jessica Williams coiffe au poteau la nombriliste Lena Dunham qui n’a pas eu d’autres choix que de l’inviter à faire plusieurs apparitions dans sa série à succès : Girls. Un pied-de-nez à celle qui n’avait pour le moment pas intégré un seul personnage noir !

Fricoter avec Jessica, c’est être sûr de fricoter avec la frange de la communauté afro-américaine cultivée et fatiguée de sa représentation faussée par les médias. En ne rejetant pas la pop culture mais en l’embrassant, en l’analysant, Jessica propose une autre alternative. Wired a effectivement vu juste car, oui, Jessica est en passe de changer la donne en profitant de l’espace libre pour poser sa marque et à terme imposer sa vision des choses afin d’avoir à son tour la force de frappe de son ainée, la mégalomanie en moins !

Manda
25 novembre 2014

Black Mamba

Pour la promotion de son ouvrage polémique Merci pour ce moment, la journaliste cocue de Paris Match a trouvé une tribune disponible pour crier au monde son humiliation : la Grande-Bretagne. Profitant de cet écho médiatique de grande envergure pour troubler encore et toujours son ex-amoureux dans l’exercice de ses fonctions, Valérie balance presque tout dans une interview exclusive pour le Times Magazine et un entretien choc dans The Andrew Marr Show sur la BBC. Plus rageuse, tu meurs !

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Le comportement de Valérie Trierweiler s’apparente à celui des maîtresses de footballeurs, grossier et immature. Prêtes à offrir au plus offrant les détails les plus sordides de leurs nuits torrides pour plus de cash et un peu d’attention, aussi volatile soit-elle. La reconstruction est souvent la seule excuse à ses dommages collatéraux engendrés. Les médias britanniques raffolent de ces méthodes grivoises et excelle dans la culture du voyeurisme. Alors l’ex-concubine gratte là où elle le peux, tout en souhaitant s’attirer la sympathie de la cour et prétendre qu’elle est atteinte du même syndrome que Lady Diana.

L’instabilité est la maladie de l’homme. François Hollande ne serait donc pas étranger à une possible contamination. En réalité, qui n’a jamais voulu se venger ? Moi, la première. Balancer sur les trucs super désagréables qu’on a kiffé au tout début de la relation, tout le monde le fait ! A un certain moment il faut savoir quitter avec classe même si ça flatte l’ego de raconter au monde entier qu’il pétait au lit, pas le petit pet mignonnet qui fait marrer mais celui qui prend des heures à aérer.

En tant que femme, je respecte la couleur de ses sentiments et je crois que chacun devrait gouverner son chagrin comme il l’entend. Cependant, son attitude laisse croire qu’elle est la seule femme ici-bas à avoir été jetée, comme si elle détenait le monopole de l’humiliation. Qu’est-ce que devrait dire Hillary Clinton ? Personne n’a considéré une seule seconde son supplice et le tapage médiatique sans pitié qui a dû l’accabler pendant, durant et après le scandale Monica Lewinsky. Et Anne Sinclair ? Ségolène Royal ?

Valérie s’est vraiment cru dans Kill Bill cependant dans la vraie vie, François Hollande n’est pas un amant comme les autres. Il est président. Pas président du club d’échec de Tulle mais celui d’un pays qui s’appelle la France. Cette histoire prend des proportions bien trop grandes et celle qui se plaint d’être suivie par l’Elysée devrait se méfier. Sa vengeance, non sa reconstruction, aura d’ici peu un goût très amer. La CIA, le KGB et le Mossad pour ne citer qu’eux, ne se seraient pas encombrés avec une concubine trop bavarde, si vous voyez ce que je veux dire ?

La France est un pays merveilleux où la liberté d’expression règne. Un pays où une amante-journaliste venue de nulle part peut se permettre de rapporter qu’elle détient les textos de son ex pour faire rager l’actuelle Julie Gayet sur une chaîne internationale. Il n’y a que la DGSE (notre agence secrète à nous !) pour laisser fuiter une boulette pareille. A croire que l’Elysée n’avait pas assez de fric pour lui clouer le bec. La hausse des impôts sur les revenus médians et plus bas n’a malheureusement pas servi à grand-chose !

Manda
6 novembre 2014

Le miroir aux alouettes

Dans son dossier intitulé Woman of the Year 2014 : Strong. Smart. And Changing YOUR World du Glamour US du mois de décembre, la rédactrice en chef, Cindi Leive honore les femmes qui ont marqué l’année. L’actrice, réalisatrice et bête de mode Lupita Nyong’o est naturellement en couverture. Des noms prestigieux s’y côtoient comme Chelsea Clinton, Mindy Kaling, Natalia Vodianova et le plus surprenant de tous : Laverne Cox. A l’instar du Times, V Magazine, Essence Magazine et ses autres homologues, Cindi Leive considère que la star d’Orange Is The New Black a tout à fait sa place dans les pages de son magazine en tant que porte-parole attitré de la cause transgenre et surtout en tant que femme. Cindi Leive marque le ton : 2015 sera transgenre ou ne sera pas !

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Il est très difficile de parler de transsexualité sans se heurter à l’histoire des l’individus qui se cachent derrière ce mot. Ce serait maladroit d’occulter le fait qu’il y réside une réelle souffrance et une grande incompréhension de notre part. C’est un terme qui fout la frousse tant il nous ramène à notre propre identité et au trouble qu’il peut en résulter. Cependant le désir de vouloir s’échapper de son genre ne fait pas de notre appartenance génétique un mensonge. Aussi attachant qu’il puisse être, Laverne Cox ne peut pas duper l’ADN et ça se voit à la taille de ses panards. Désolée d’aller à l’encontre du message dans l’air du temps et de son témoignage boulversant mais Laverne Cox n’est pas une femme !

Pourtant Glamour Magazine, Times et toutes les publications du monde insinuent qu’il est tout à fait possible d’interchanger les genres en réduisant la féminité à des attributs extérieurs tels qu’un maquillage impeccable, une chevelure brillante, une manucure parfaite, une paire de stilettos et une robe fendue. Ca marche aussi pour le cas inverse. Le révolution est en marche et l’ambiguité se précise avec glam et sapes de créateurs ! Les réfractaires à cette pensée unique sont et seront davantage perçus comme des bouffons peu enclin à vouloir accepter la modernité.

Quelle modernité ? Cette mutilation moderne que l’on surnomme réassignation sexuelle, considérée comme le passage ultime vers le statut de femme. En clair, se scier la biloute et gober des pillules ne fait pas d’un mec une femme même s’il est plus bonne que la plus bonne de mes copines. Il n’existe pas d’homme avec un vagin fonctionnel. Ca n’a jamais existé et ça n’existera jamais. En embrassant cette illusion nous nous désengageons de notre propre féminité. Etre femme n’est pas un concept mainstream, une tendance et ne se matérialise pas par le biais d’une opération chirurgicale.

On nous rabâche sans cesse la fameuse citation de Simone de Beauvoir – On ne naît pas femme, on le devient – pour légitimer ce nouveau phénomène médiatique. Clairement, c’est se foutre de ma féminité et de toutes celles qui souffrent pour ce qu’elles sont. Je ne sais pas à qui ont été destinés les mots de Simone mais je tends à croire qu’elle n’avait aucunement l’intention d’être la figure de proue de cette supercherie pop, de cette blague internationale. Pourquoi sommes-nous incapables d’être ce que nous sommes dans la limite de ce que nous sommes ! 

En réalité, je suis convaincue qu’elle s’attaquait de manière frontale à ce rôle féminin imposé par l’homme traditionnel, le macho de base. Ce rôle les invitant à croire qu’il existe une façon spécifique de faire la conversation, de rire, de marcher et voire même d’aimer propre au sexe féminin. Aujourd’hui, la mode et les médias se sont empressés de prendre le flambeau et de donner le ton. Une comédie montée de toutes pièces dont les générations futures seront les grandes victimes. Rien n’est plus difficile que de regarder son reflet dans un miroir aux alouettes !

Alors pourquoi l’industrie de la mode, si intelligente, n’arrive-t-elle pas à comprendre qu’il existe une différence intrinsèque entre « nature » et « culture » ? Parce qu’elle est perpétuellement à la recherche de sang neuf, de phénomène. La presse s’amuse-t-elle à nous faire croire que les lignes sont plus floues qu’elles ne le sont déjà ? Oui, avec aisance. Nous prend-elle pour de vrai(es)s imbéciles ? Je crois et ce malgré le fait qu’un lion a beau vouloir devenir un oiseau, cela ne fera pas de lui un oiseau parce qu’il le désire tant, non ?!

Manda
30 octobre 2014

That B**** stole my style !

Faut pas se mentir, toutes les couvertures sont dans un mode rébarbatif à outrance. Des têtes et des corps similaires, sans trop de suspense d’ailleurs, squattent l’affiche mais ça, ce n’est pas la réalité. En tout cas, pas la mienne ! Pour les 16 ans de la version mexicaine de Glamour Magazine, la rédactrice en chef a fait un truc surprenant, à défaut de mettre en couverture une actrice de telenovela refaite de partout avec l’argent des cartels, Lucy Lara a fait appel à la plus excentrique et sympatoche des animatrices : Kelly Osbourne

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J’ai failli passer à côté de la plus belle couverture du mois d’octobre 2014. Kelly Osbourne est juste sublime, son maquillage est à la pointe, ses cheveux violets sont parfaits et sa robe est une tuerie. Quand, j’ai vu cette couverture, je me suis dit « ça aurait pu être moi », en fait non, ça aurait être n’importe qui. C’est l’effet Kelly Osbourne, on a juste l’impression qu’elle est une copine tellement elle est vraie. Le behind the scenes est trop émouvant. Rien ne semble contrefait car son témoignage est juste ainsi que dans l’exposé des leçons que la vie lui a offertes !

Je me souviens d’elle et de sa télé-réalité sombre, de sa perte de poids extra-ordinaire, de sa reprise de poids extra-ordinaire et de ses nombreux allers-retours en cure de désintoxication cependant depuis de sa participation récurrente en 2010 à l’émission Fashion Police diffusée sur E! Entertainment, elle s’est muée de fille de rockeurs britanniques sur le départ en référence modesque redonnant foi à toutes les boulottes (… et pas que !) de la planète qui se retrouvent en elle sans grande difficulté.

Kelly n’a jamais caché son parcours semé de burgers, de psychotiques & psychotropes, de rock, de beuverie et surtout de son incommodité à peine dissimulée à vivre dans sa propre peau. Souvent reléguée au second-plan par ses potes It girl encensées par les marques pour leurs physiques, elle était juste la pote un peu grosse et marrante de toutes celles qui n’ont duré que le temps d’une saison. A défaut de pouvoir vendre sa silhouette imparfaite, sa coupe singulière, sa personnalité et son sens inimitable du style ont su trouver son public. Et aujourd’hui, Kelly est l’une des rares anglaises à cartonner outre-atlantique et ses copines It girls, elles sont où ?!

Ebahie par ses combinaisons d’imprimés improbables, sa collection de fringues Stories by Kelly Osbourne sortie en fin septembre dernier raconte une tout autre histoire, celle de la quintessence de son individualité propre en tant que créatrice et leader d’opinion. A l’heure où toutes les célébrités font des lignes de fringues alors qu’elles ne savent pas se saper de manière décente, Kelly tire son épingle du jeu en créant des ensembles fous et classes adaptés à toutes les silhouettes même les plus pulpeuses (… pour ne pas dire pour les obèses !) pas encore disponible en France, on s’en serait douté !

La chaine de divertissement et de télé-réalité de luxe, surfant sur cette vague d’actualité fraîches, ne souhaite pas arrêter la diffusion de Fashion Police. Oui, c’est assez difficile à admettre mais Fashion Police se fait sans Joan Rivers. Convaincue que Rivers a su, avec l’humour et l’humanité qui l’a caractérisée, transmettre les outils et le savoir-faire nécessaires qui permettront à Kelly Osbourne d’être une personnalité remarquable car elle a les épaules assez larges pour succéder à celle qui a fait du bitching une profession à part entière. 

Manda