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30 octobre 2014

That B**** stole my style !

En fouillant de manière frénétique sur le net à la recherche d’une couverture originale, le Glamour Mexico m’a complètement enchanté. Faut pas se mentir, toutes les couvertures sont dans un mode rébarbatif à outrance. Des têtes et des corps similaires, sans trop de suspense d’ailleurs, squattent l’affiche mais ça, ce n’est pas la réalité. En tout cas, pas la mienne ! Pour les 16 ans de la version mexicaine de Glamour Magazine, la rédactrice en chef a fait un truc surprenant, à défaut de mettre en couverture une actrice de telenovela refaite de partout avec l’argent des cartels, Lucy Lara a fait appel à la plus excentrique et sympatoche des animatrices : Kelly Osbourne

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J’ai failli passer à côté de la plus belle couverture du mois d’octobre 2014. Kelly Osbourne est juste sublime, son maquillage est à la pointe, ses cheveux violets sont parfaits et sa robe est une tuerie. Quand, j’ai vu cette couverture, je me suis dit « ça aurait pu être moi », en fait non, « ça aurait être n’importe qui ». C’est l’effet Kelly Osbourne, on a juste l’impression qu’elle est une copine tellement elle est vraie. Le behind the scenes est trop émouvant. Rien ne semble contrefait dans la justesse de son témoignage ainsi que dans l’exposé de sa vision fantaisiste des leçons que la vie lui a offertes !

Je me souviens d’elle et de sa télé-réalité sombre, de sa perte de poids extra-ordinaire, de sa reprise de poids extra-ordinaire et de ses nombreux allers-retours en cure de désintoxication cependant depuis de sa participation récurrente en 2010 à l’émission Fashion Police diffusée sur E! Entertainment, elle s’est muée de fille de rockeurs britanniques sur le départ en référence modesque redonnant foi à toutes les boulottes (… et pas que !) de la planète qui se retrouvent en elle sans grande difficulté.

Kelly n’a jamais caché son parcours semé de burgers, de psychotiques & psychotropes, de rock, de beuverie et surtout de son incommodité à peine dissimulée à vivre dans sa propre peau. Souvent reléguée au second-plan par ses potes It girl encensées par les marques pour leurs physiques, elle était juste la pote un peu grosse et marrante de toutes celles qui n’ont duré que le temps d’une saison. A défaut de pouvoir vendre sa silhouette imparfaite, sa coupe singulière, sa personnalité et son sens inimitable du style ont su trouver son public. Et aujourd’hui, Kelly est l’une des rares anglaises à cartonner outre-atlantique et ses copines It girls, elles sont où ?!

Ebahie par ses combinaisons d’imprimés improbables, sa collection de fringues Stories by Kelly Osbourne sortie en fin septembre dernier raconte une tout autre histoire, celle de la quintessence de son individualité propre en tant que créatrice et leader d’opinion. A l’heure où toutes les célébrités font des lignes de fringues alors qu’elles ne savent pas se saper de manière décente, Kelly tire son épingle du jeu en créant des ensembles fous et classes adaptés à toutes les silhouettes même les plus pulpeuses (… pour ne pas dire obèse !) pas encore disponible en France.

La chaine de divertissement et de télé-réalité de luxe, surfant la sur cette vague de nouveauté, ne compte pas arrêter la diffusion de Fashion Police. Oui, c’est assez difficile à admettre mais depuis Fashion Police se fait sans Joan Rivers. Je suis certaine que Rivers a su transmettre les outils et le savoir-faire nécessaires qui permettront à Kelly Osbourne d’être une personnalité remarquable car elle a les épaules assez larges pour succéder à celle qui a fait du bitching une profession à part entière. 

Manda
19 octobre 2014

Génération scandaleuse

En couverture du Hollywood Reporter du mois d’octobre, Shonda Rhimes, la réalisatrice, scénariste et productrice se la raconte un peu. Son actualité ne cesse d’enfler avec la venue de son nouveau bébé, How To Get Away With Murder mettant en scène une Viola Davis (La Couleur des Sentiments, Antwone Fischer…) dans un registre plus sexy tu meurs. Malgré ce tintamarre médiatique inutile autour de la capacité ou non de Viola Davis à ne jouer que des rôles dramatiques, Shonda Rhimes, 44 ans, continue son chemin en toute tranquilité et nous promet de squatter le petit écran, et plus encore avec une 11ème saison et peut-être même une 12ème pour Grey’s Anatomy, une 4ème saison attendue de Scandal, une introduction badass de How To Get Away With Murder encore inédite en France et la sortie prévue en 2015 d’un livre mi-mémoire, mi-roman. Malgré une carrière irréprochable et une longévité sans pareil, son ascension bien méritée fait anormalement jaser.

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Shonda Rhimes, c’est un peu la Beyoncé de l’audiovisuel. Elle sort tout en même temps et comme par magie, ben, ça marche. Bizarrement, son audience est aussi diverse que ses personnages Benetton et ses histoires sont universelles. C’est surement ça la recette Rhimes et comme c’est devenu commun de détester ce qui marche et bien, l’article de septembre dernier du New York Magazine essaie de lui trouver des défauts. Et le défaut, le plus évident est que la réalisatrice est une femme, oui, une femme qui ne s’arrête effectivement pas, une femme dans l’air du temps, une femme qui impose sa loi ! Mais, cela ne suffit pas car ça n’a pas de sens, des femmes puissantes y en a des masses mais pas dans l’audiovisuel et encore moins des noires. Et bim, c’est dit !

Shonda Rhimes est ronde, noire et puissante. Trois mots qui ne vont pas forcément ensemble. Non, trois mots qui ne vont pas du tout ensemble et c’est ce paradoxe qui berce la globalité de son oeuvre. Une association étrange qui relie ses personnages, des femmes, elles aussi mais pas n’importe lesquelles. Oui, qui pouvait s’imaginer un jour qu’une femme noire puisse faire tourner la tête d’un président, républicain de surcroit ou encore que le beau docteur Mamour puisse jeter son dévolu sur une interne rachitique semi-dépressive aux cheveux gras. Finalement, ses comédiennes féminines sont aussi puissantes, libres et… outrageusement à la ramasse.

Avec Shonda, les femmes afro-américaines désertes les parloirs de prisons pour diriger des cabinets d’avocats et/ou de gladiateurs. Les femmes asiatiques sont autre chose que des masseuses exotiques ou des adeptes de Kung Fu. Il y a de tout : des blonds sexy, des saints sexy, des connards sexy, des noirs sexy, des métisses sexy et même des roux sexy. Une perception, certes photoshopée, de la vie qui donne une toute autre saveur à nos ambitions personnelles. Et c’est en ça que Shonda Rhimes est révolutionnaire car son Girl Power est insidieux, il ne fait pas grand bruit, il se dissimule dans des récits, nous laissant le choix de faire, ou non, notre interprétation de la vie et de notre société.

Shonda Rhimes est, à mon sens, dotée d’un génie diabolique, en avance sur les questions contemporaines qui chiffonnent les politiques. Le New York Times peut tout dire, la traiter de rageuse noire ou même critiquer son franc-parler, je reste convaincue qu’elle a contribué d’une manière conséquente au renouveau de ce média voué au décès et au-delà. Autant dire que personne n’imaginait qu’une boulotte puisse changer la face du petit écran américain et mondial avec tant d’aisance. C’est peut-être ça qui fout les boules, en fait ! C’est en partie grâce à elle que nos vendredis soirs sont désormais plus jouissifs, que le pyjama est devenu une tenue super hype et que nos Ipods sont inondés de chanteurs folks neurasthéniques ponctuant nos moments de tristesse et de spleen à la Meredith Grey !

Elle s’adonne à mettre en exergue nos péchés, nos fantasmes, nos hontes et nos secrets. Cherchant constamment à nous déranger, à nous choquer et à nous questionner sur la véracité de nos doutes. Shonda prend un malin plaisir à glamouriser l’adultère, magnifier la névrose et normaliser les déviances. Sachant à merveille que la fiction influence toujours plus la réalité, elle travaille à édifier la femme dans toute sa diversité. Pire, elle lui donne les reines de sa sexualité, de sa carrière et de sa fragilité. Au fond, on se demande juste combien de pourcentage d’elle-même se cache derrière chacun de ses personnages-fétiches ? 90, 50, 10% ? Son livre nous le dira peut-être !

Manda
23 septembre 2014

Drunk in Love

L’affaire Ray Rice est dans toutes les bouches et tous les JT de la planète. L’incident est un mix entre celle de Rihanna-Chris Brown et de Jay-Solange et Beyoncé. L’ex-joueur de la NFL est devenu l’ennemi public de l’Amérique. En plus de l’avoir cogné comme un bonhomme, il la traine inanimée sur le sol tel un sac de patates. Une vidéo assez cruelle et symptomatique de la société de violence dans laquelle nous vivons. En bref, il l’a frappé, le pays s’est déchainé et le mec est devenu un pestiféré. Une conclusion en somme toute normale. L’Huffington Post inspiré par ce fait divers a concocté un dossier spécial sur le sujet et transpose la question d’origine « pourquoi il l’a frappé ? » en « pourquoi elle reste ? »

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L’image accablée de cette jeune femme qui se confond en excuses avec son mari, oui parce qu’entre-temps ils se sont mariés, nous renvoie à une conception très manichéenne de la relation abuseur-abusée. Cette vidéo, datant de février dernier, fait écho à tous les récits de violences conjugales de la planète sauf qu’ici Rice était un champion, un sportif et un héros, un self-made-man à la bonne sauce américaine. Il avait donc le devoir de ne pas lever la main sur sa femme et encore moins dans l’ascenseur du Revel Casino Hotel d’Atlantic City avec tant d’indifférence et d’insouciance.

En fouillant dans ses fonds de tiroirs, TMZ a fait d’un cas isolé, un sujet de société. Toutes femmes se sentent obligées de se reconnaître en Janay Rice, victime ou non de maltraitance. Cette histoire inspire d’autant plus un dégoût général car les hautes autorités du football américain semblent avoir caché le secret de peur de perdre un sérieux investissement. Cet effet miroir évident donne aux médias le pouvoir d’alimenter cette fascination pour ces femmes-victimes toujours aux côtés d’un mari brutal. Oubliant le fait que Janay Rice n’est peut-être pas si stupide qu’elle en a l’air, certes la carrière de son mari est en déclin total mais Ray Rice touchera un chèque 14 millions de dollars en guise de bye bye. Pas bête, la belette !

Friands de stéréotypes, les médias apprécient bazarder l’archétype de l’agresseur par excellence sur la place publique : l’homme noir dont ses victimes tout aussi sauvages affectionnent ce mode de communication inhospitalier. Sachant très bien que les brutalités conjugales n’ont pas de couleur et encore moins de classe sociale. Derrière les tatouages et les gros muscles se cachent, en réalité, de vrais bébés responsables d’actes qui les dépassent, finalement aussi victimes que leurs victimes. Janay, en pauvre causette, représente à merveille cette catégorie de femmes bordeline, qui n’ont pas eu le choix, si ce n’est le choix de l’amour, de la honte et… de l’argent !

L’Huffington Post s’engouffre dans la brèche et collecte les témoignages. #WhyIStayed, #PourquoiJeSuisRestée révèle les raisons pour lesquelles les victimes de violences ne peuvent pas juste partir. Et la conclusion de certaines déclarations sont accablantes et révélatrices d’un déséquilibre émotif, mental et affectif ambiant. La victime se croit soit investie d’une mission : celle de vouloir changer un crapaud en prince charmant ou pire, celle de croire qu’il lui fait une faveur de ouf en jetant son dévolu sur elle. Et cet engrenage créé par deux  pauvres êtres immatures va engendrer un cycle générationnel de blessures physiques, morales et affectives.

En érigeant le gamin en roi alors que sa tête est encore trop petite pour porter la couronne, en excusant son comportement parce qu’il mime papa et parce que papa montre son affection à maman de cette façon, nous créons une armée de futurs monstres incapables de différencier amour et violence, excellant dans la traduction des mots par les coups. Par qu’au fond, celui qui frappe n’est pas le plus fort. Celui qui frappe a juste peur d’être blessé à son tour. Alors pourquoi elles restent ? On nous l’inculque dès la maternelle que l’amour commence toujours par la violence, pas étonnant !

Manda
29 août 2014

Le complexe du Omar

Omar Sy est de retour dans l’hexagone. Après son périple américain, l’acteur préféré des Français revient à l’affiche d’un nouveau long-métrage intitulé Samba. Après le succès d’Intouchables, Eric Toledano et Olivier Nakache ont réuni la dream team autour de l’aura phénoménale de son acteur fétiche. Tahar Rahim, Charlotte Gainsbourg et Izia Higelin viennent suivre la cadence d’une routine bien huilée. Du beau monde qui présage une réussite tant critique et financière à cette comédie de rentrée tant attendue.

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Toledano et Nakache savent faire des films. Ils sont devenus les maîtres incontestés de la comédie sociale un brin comique, « réaliste » et maussade. Ils retranscrivent à merveille les relations improbables, les duos antagonistes et les moments de nudité émotionnelle en slow motion, pour donner l’impression que ça fait trop mal ! Sans compter sur la petite touche musicale hype et mélancolique d’un cousin DJ, d’un ancien pote de bar-mitzvah ou d’un contact inconnu de la scène underground.

Samba s’inscrit dans cette mouvance, avec un cran de complexité en plus, de faire un cinéma populaire, humain et ouvert sur les autres. Sauf que la situation sociale des autres n’a pas beaucoup bougé depuis les années 60. Une recette bien rodée qui reprend à la lettre les codes d’Intouchables. Le tétraplégique est ici, remplacé par un sans-papier. Excepté qu’on ne sait plus trop qui est tétraplégique dans l’histoire tant les personnages sont tous deux à la recherche de quelque chose idéalisé : la possibilité d’un séjour illimité pour l’un et la fin du spleen pour l’autre.

L’air de rien l’extrait me laisse sur ma faim, mais je me demande si je vais rire ou pleurer. Rire parce que ça sonne parfois véridique et pleurer parce que j’aimerais voir autre chose que des clichés. Tout le monde en a pour son grade. La bande-annonce ne nous dit malheureusement pas si Samba aura les papiers à la fin mais dans le coin de sa tête, il y pense quand même, et Charlotte, la plénitude extrême, le bonheur et l’orgasme à volonté. En somme, une amourette mixte intéressée sans intérêt, mouais, mon oeil !

N’oublions pas qu’Omar est l’ami des Français. Le noir sympathique qui ne fait peur à personne. Rien que pour son accent sénégalais forcé, j’ai envie d’aller voir le film. Sérieusement, cet accent est une perle. Il me rappelle les heures de gloire de Doudou pour le SAV de Canal + et le moment exact où je me suis dit qu’il était temps d’arrêter le SAV de Canal +, victime de son succès !

En fait, je me rends compte à quel point le paradoxe est super puissant. Dans la tête de Toledano et de Nakache, Omar est soit un mec de cité, un animateur de centre de loisirs, un auxiliaire de vie ou un sans-papiers à la limite de l’expulsion. Une perception en parfait décalage avec celle des Américains. Omar Sy est passé de super-héros mutant aux plaquettes de chocolat en fer dans un blockbuster à… rien.

Une ascension qui n’aura pas servi à grand-chose tant il se complaît à jouer le guignol de service avec naturel. Samba met en exergue l’incapacité des réalisateurs français à offrir une palette de rôles plus large à ses acteurs issus de la diversité. Je reste assez dubitative face à sa performance, une performance qui grappille le reste d’étincelle d’une collaboration visiblement en fin de vie. Autant dire que ça me rend mal l’aise pour lui, pour le Sénégal et pour la France entière !

Manda