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28 mai 2015

Bitch better have my money

Les clichés de la campagne Dior avec sa nouvelle égérie, Rihanna, sont sortis et ils sont sublimes. Rihanna nous prouve encore une fois qu’elle est photogénique et très charismatique. La Barbadienne incarne à merveille, cette idée de luxe et de luxure propre à la griffe française et y apporte du caractère. Franchement rien à dire cependant Dior n’est pas le seul à miser sur ces chanteuses-muses qui savent singulièrement interpréter un univers. Cavalli, Givenchy, Balmain, DKNY, Alexander Wang, Burberry sont, en façade, les grands champions en matière de diversité mais derrière le papier glacé la diversité est tout autre…

Dior a fait un choix judicieux, Rihanna est l’égérie parfaite pour permettre à la marque de faire son en entrée dans une nouvelle ère. Alice Pfeiffer, journaliste pour les Inrocks, énumère avec justesse, dans son papier Rihanna, égérie Dior, les raisons qui font de cette jeune femme la muse des temps modernes. Le directeur artistique Raf Simmons jouit de cette dernière pour « repositionner la marque » et se débarrasser sortir de son côté hollywoodien cul cul hors d’atteinte, tout en lui concédant ce cachet ultra-sexy, voire félin de » son illustre prédécesseur John Galliano, connu pour ses coupes over the top et utraféminines ».

Rihanna a ce don naturel pour incorporer la dose exacte de cool, de rebel attitude et de la désinvolture dans toutes ses campagnes promotionnelles. Un sex appeal qui n’avait pas laissé indemne le jeune styliste, Olivier Rousteing, à la tête de l’illustre label parisien Balmain en 2013. Partout où son minois est immortalisé, il crée l’euphorie car, il est à la fois provocateur et gentil, sexy et innocent, libre mais toujours un peu soumis et street tout en étant haute couture. Haute couture ou high street, elle ne déçoit jamais. Une « valeur monétaire lisible internationalement », c’est au fond tout ce qu’elle est, un condensé de ce que le net sait faire de mieux, le buzz.

Dior est bien la dernière marque à mettre en avant une jeune femme noire et c’est sans nous déplaire. Dans une communauté où il n’est pas rare de croiser des enfants portant le nom de la griffe française, il était plus que normal que l’association voit enfin le jour. Beaucoup de marques se sont engouffrées dans la brèche, aussi bien en terme de diversité de carnation que de morphologies. La griffe italienne Roberto Cavalli se distingue clairement. Faisant régulièrement appel à des artistes issus de la musique noire : Nick Minaj pour la saison printemps-été 2015 et la dernière en lice pour cette saison automne-hiver 2015, Ciara, Cavalli affiche de la couleur sans complexe.

Alice ajoute, « Rihanna est plus qu’une personne, elle est un signifiant, une valeur indicative de la direction que veut prendre la maison qui l’embauche », la lecture de cette phrase m’a beaucoup frustré et me frustre encore. C’est génial que Dior prenne la décision de changer de trajectoire, de s’ouvrir à la pop culture et de vouloir lui donner le privilège d’incarner les nouvelles valeurs de la marque. Le premier visage noir a vu le jour en 2015, c’est surréaliste. Cela veut dire qu’avant ça, il s’en foutait royalement. Stratégie et néo-colonialisme assumé !

Fashion Daily Bomb fait une rétrospective et félicite ce revers mais reste tout de même sceptique. Le post 6 High Fashion Brands That Champion Diversity : Givenchy, Roberto Cavalli, Balmain and More !, 6 grandes marques championnes de la diversité : Givenchy, Roberto Cavalli, Balmain et plus ! répertorie les marques ayant choisi de tabler sur des mannequins de couleurs. Claire Sulmers, la rédactrice en chef du célèbre blog, reste lucide et un brin prudente, tout en s’interrogeant sur la décision tardive de la maison française sans nier la justesse du choix et sur les motivations de ses maisons de luxe.

Rihanna, Naomi Campbell, Ciara, Jourdan Dunn et ses collègues sont encore à compter sur les doigts de la main mais comme le dit Claire Sulmers : « Quand j’ai commencé à bloguer en 2006, voir une femme de couleur sur une campagne publicitaire majeure ou dans un magazine était d’une rareté. Maintenant, il semble que l’industrie de la mode change dans le bon sens, et honnêtement c’est rafraîchissant ! Je sais que nous avons souvent ce débat sur là où nous devrions dépenser notre argent et de soutenir les marques qui représentent des femmes comme nous « .

L’industrie de la mode a besoin de blé et s’il fallait mettre des hippopotames en cuissardes, ils le feraient. Créer ce semblant de d’accessibilité les arrange amplement et les médias féminins suivent le pas, Instagram, oui surtout, sert à sa promotion. Vendre du luxe ou une idée de luxe à l’européenne à une communauté noire qui n’hésite pas à mettre le prix, c’est tout benef’. De toute manière avec ou sans modèle, ils achètent, ils ont toujours été de bons clients. Au fond, nous nous contentons désormais d’être une image et peut-être que dans 20 ans, des marques africaines et afro seront sur les podiums des Fashion Week de Paris, Milan, New York et Londres. Encore, un peu de patience…

Manda
26 mai 2015

Couvrez ce sein que je ne saurais voir

Le Elle Australie propose deux couvertures pour le mois de juin, une pour ses abonnés et une autre dédiée au grand public. Jusque-là rien de bien dramatique, souvent les couvertures ne diffèrent pas tellement. Sur les deux, Nicole Trunfio y pose avec son fils Zion, sauf que sur l’une d’entre elles le modèle allaite son fils. Une posture qui ne laisse personne insensible. Elle Australie tape fort et semble, sans intention aucune, rouvrir le débat sur l’allaitement en public. Alors pour ou contre ?

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Le billet #normalizebreastfeeding de Neada pour le blog de Garance Doré exulte de joie à l’idée de voir une femme donner le sein à son enfant et qualifie cet acte de « beau », « magnifique » et audacieusement « australien ». Nicole Trunfio, top model inconnu, poste gaga un commentaire sur Instagram : « Il n’y a rien de plus fort et de plus beau que d’être maman… je suis fière de cette couverture et des valeurs qu’elle défend. » Génial, dans un monde parfait, c’est effectivement tout ce qui nous fallait. Je suis moi-même une fervente défenseuse de la maternité, de l’allaitement et tout ce qui est naturel pour l’enfant. Cependant, j’ai juste horreur de l’instrumentalisation du rôle de la mère dans notre société. Les médias féminins nous la présentent comme une super woman. Non pas que cela me déplaise, non, juste que ce ne soit pas vrai. L’allaitement en public est, à mon sens, un faux débat et cette couverture est ridicule.

La mytho de rédactrice en chef, Justine Cullen, avance par le biais de ce moment capturé de manière « spontanée », que « l’allaitement ne devrait pas nous empêcher de vivre ou de travailler normalement… », en oubliant d’ajouter si « … vous êtes un top model« . Sa citation pointe implicitement du doigt les femmes qui n’ont pas choisi d’allaiter pour des raisons professionnelles, physiques, par manque de temps ou tout simplement par choix ! Ce qui me choque, au fond, c’est la portée marketing du truc. Qui lit vraiment Elle Australie à part en Australie ? Oui, Zion avait faim, je suppose, mais on s’en fout, en vrai ! Nous sommes dans une société qui exulte la perfection dans le paraître et les mises en scène de notre quotidien. Je trouve dommage qu’il faille sexualiser un instant privilégié avec sa progéniture pour faire le buzz .

L’image, en plus d’être irréaliste, est complètement folle. Quelle femme saine d’esprit allaiterait son enfant sans couche avec des fringues de créateurs de couleurs claires, franchement ! Elle Australie se sert de ce faux débat pour vendre du papier ainsi qu’une vision erronée de la femme d’aujourd’hui. L’allaitement est un moment intime qui ne regarde que l’enfant et sa mère. L’allaitement n’est pas une tendance ou un hashtag et arrêtons de le traiter comme tel. Se couvrir ou ne pas se couvrir, n’est vraiment pas la question au fond. La vraie question concerne le seuil de tolérance et le degré de pudeur. Nicole Trunfio a la chance de se pointer au travail avec sa progéniture et se permettre d’interrompre une séance photo à plus d’un millier de dollars kangourou pour allaiter son fils tout nu. S’il vous plaît, à d’autre !

Manda
4 mai 2015

Chelsea Clinton, l’enfant de la balle

La course est en marche. Hillary Clinton est loin de lâcher l’affaire et retrousse ses manches pour obtenir son dû : la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Et au lieu de se baser sur la popularité sympathique de son époux, elle a décidé de faire équipe avec la chair de sa chair : Chelsea Clinton, sa fille unique de 35 ans. Une révélation qui ne semble pas être une surprise, tellement, la progéniture du couple Clinton est brillante. Alors, Chelsea, conduira-t-elle sa mère à la Maison Blanche ?

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Comme ce fut le cas avec Barack Obama, l’Amérique est face à un nouveau challenge de taille : celui de croire qu’après un noir, une femme d’expérience peut diriger le pays. Une révolution pour le pays le plus puissant du monde, précurseur sur la représentation des genres. Ce même pays qui injecte, sans cesse, une dose de féminisme pop culturel dans son divertissement, est-il enfin prêt ? Etre en avance, dans un pays profondément en retard, c’est assez paradoxal mais c’est le pari qu’ont fait les meufs Clinton. En couverture du mois de mai d’Elle Magazine US et repris par la version française, Chelsea s’exprime sur sa maternité, ses engagements associatifs et sur les raisons pour lesquelles les Etats-Unis ont besoin d’une femme-présidente. Alors comment questionner la légitimité de Chelsea dans l’ascension bien méritée de sa chère mère ? Celle qui a vécu auprès du pouvoir, bercée par les victoires et les scandales, est la meilleure pour savoir que la route ne sera pas un long fleuve tranquille. 

Protégée à outrance pendant son enfance, Chelsea revient sur le devant de la scène avec une idée claire : celle d’amener sa mère au top, marquer l’histoire, faire partie du changement et ainsi retrouver son statut de First daughter. L’héritière démocrate sait qu’elle incarne la fraîcheur, la jeunesse et la douceur. Des caractéristiques qui semblent manquer à sa daronne, critiquée par ses détracteurs sur son âge avancé et sa poigne un peu trop masculine parfois. Ni à tomber, ni trop moche, Elle remet les choses en place avec grâce et sagesse. Elle garde en tête que la guerre de l’audience est en marche et que son coeur de cible lit Elle Magazine. Malgré une couverture questionnable pour certains, Chelsea Clinton est bien à sa place. Alors, on s’en fout qu’elle ait été photoshopée pour l’occasion, comme une flopée de célébrités dans la même position, d’ailleurs ! 

Pour ma part, c’est l’une des couvertures les puissantes du mensuel. L’intelligence n’a jamais été aussi sexy. Elle renvoie l’idée que le pouvoir n’est pas une question de beauté physique criarde. Chelsea Clinton incarne cette frange humaniste qui transparaît dans le choix d’une garde-robe simple et efficace. Pas là pour impressionner mais plutôt pour créer un lien de confiance avec les lectrices, usant avec justesse de son autorité naturelle. Chelsea comprend que l’image joue un rôle de malade et que sa présence est une valeur ajoutée dans ce jeu qui ne verra qu’un seul vainqueur. Et 2016, doit être l’année d’«Hillary Clinton». Quitte à donner de sa personne, parler biberon et jouer le jeu du sourire à un million de dollars en couverture du célèbre magazine féminin, L’enfant chérie de l’Amerique est prête à tout !

Par le biais de voyages diplomatiques et de la Fondation Clinton, cet enfant de la balle a dialogué avec plus de présidents et figures politiques que les représentants républicains en lice pour les présidentielles. En plus d’un CV en béton, Chelsea connaît sur le bout des doigts les sujets nationaux et internationaux sensibles. Les rouages politiques, les déchainements médiatiques, les sacrifices et le revers de la médaille, elle a su les discerner très tôt. Bill et Hillary Clinton peuvent se targuer d’avoir créé un être politique aussi discret que féroce, prêt à prendre la relève. Celle à qui on a laissé le temps de grandir comme un enfant et qui entrevoit l’investiture de sa mère comme une revanche sur la vie est enfin prête à tout déchirer ! 

Le magazine marque ouvertement son soutien pour Hillary Clinton. Sortir la fille de l’ombre est l’idée la plus inventive de la candidate qui n’a pas officiellement dit qu’elle sera dans la course. La dynastie Clinton ne veut plus se conjuguer au passé mais assure qu’elle compte marquer l’avenir de l’Amérique. Un charisme dissimulé qui a sauté aux yeux de la rédactrice en chef Robbie Myers. « Il y a quelque chose de naturellement majestueux chez Chelsea, une sorte de grâce qui ne semble pas être forcée, ou trafiquée juste pour la consommation publique. Elle est une personne de substance à coup sûr, une jeune femme qui, bien que mesurée dans sa façon, a un féroce de conviction et un appel pour faire de ce monde un meilleur endroit. » Et pourquoi pas, accéder à son tour , en 2024, au trône ?

Manda
10 avril 2015

L’Afro-muppie, une working-girl hyperconnectée

Militante numérique dans l’âme, fan de la série « Scandal », entrepreneuse, avocate, journaliste ou encore étudiante, l’Afro-muppie (contraction d’afro et de muppie) se distingue par ses combats, ses habitudes et ses origines. Boudée par la presse traditionnelle, elle fait d’Internet une plate-forme privilégiée pour s’exprimer, s’inventer et/ou se réaliser. Elle s’identifie à des femmes de pouvoirs afro-américaines et remet l’Afrique au cœur du débat.

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Hyper-connectée, alternative et souvent incomprise, l’Afro-muppie s’impose sans jamais se démonter. Le terme muppie désigne cette génération de femmes actives en phase avec le digital, marque ambulante et ambassadrice du « bien dans sa tête, bien dans son job ». Inventée par l’auteure américaine Michelle Miller, la muppie bouffe des burgers végétariens, mate « Girls », passe un temps fou sur les e-shop et se rêve d’un destin à la Sophia Amaruso, fondatrice de la boutique en ligne Nasty Gal et auteure du bouquin à succès #Girlboss. Cette appellation illustre à merveille la conception fantasmée et immaculée de cette nouvelle tribu citadine.

Un nouveau marché pour les annonceurs

N suivant par les règles du muppisme à la lettre comme manger bio, « faudrait voir si les ingrédients du thieboudienne ou de la sauce graine remplissent les critères », ou le « salut quotidien au soleil », l’Afro-muppie n’hésite pas à regarder la société française droit dans les yeux et s’inscrit dans cette mouvance qui consiste à bousculer les diktats imposés. Exister, oui, mais selon ses termes, c’est encore mieux ! Ayant permis la démystification de ce public, en donnant aux annonceurs un nouveau marché à se mettre sous la dent, les blogueuses afro ont perdu ce-je-ne-sais-quoi de révolutionnaire.

Croulant sous les milliers de followers, les ambassadrices de l’esthétisme noir à la française se sont laissées happer, entre deux selfies, par la spirale de l’autopromotion. Cette montée en puissance des blogs à destination de la communauté noire n’est pas insignifiante mais encore insuffisante. Face à ce défaut de profondeur dans les contenus, Anita Grant, 29 ans, avocate au barreau de Paris et auteure du blog Kidjiworld s’est délibérément tournée vers d’autres médias et avoue prendre plaisir « à lire la presse étrangère et des blogs tenus par des femmes noires ». « Chercher l’information » ne suffit plus, il est devenu primordial « de la créer ».

C’est l’action entreprise par Sarah, 27 ans, créatrice de Noir Magazine, en 2012, « suite à une convalescence forcée, j’ai créé mon premier magazine Ghubar », rédigé en anglais, méconnu du grand public et jouissant d’une réputation d’estime. « En pleine explosion de la blogosphère, j’ai voulu faire quelque chose d’un peu moins personnel et de plus consistant qu’un blog », avoue-t-elle. Sarah reconnait que « sans Internet, je n’aurais pas pu créer, ni promouvoir mon premier magazine et ainsi exposer mon travail. Je suis un pur produit de l’ère digitale » et précise, quand même, qu’elle n’est « pas cloitrée dans une dimension fictive ».

Une niche à exploiter

Dans cette configuration toute en nuances, la notion d’entreprenariat prend une dimension considérable. Au-delà de la vision mercantile, l’Afro-muppie se reconnaît par son militantisme naturel et entrevoit ce manque de visibilité typique comme une niche à exploiter. Dans cette société en mutation, « il faut laisser le temps aux choses de se faire naturellement, mais en parallèle créer des initiatives. C’est ce qui dynamise et influence le marché. » « Investir son énergie autre part, en créant des plates-formes, des supports pour promouvoir la beauté noire et créer une présence plutôt que de se focaliser sur l’absence », une solution que désire apporter Sarah par le biais de Noir : « un magazine de mode, de beauté et de life style pour la femme NOIR – sans e ». Un second essai acclamé par le fameux Fashion Bomb Daily, le blog de la journaliste américaine de mode, Claire Sulmers, Afro-muppie décomplexée.

« Noire, talentueuse et charismatique »

Sex appeal, féminité et pouvoir… Olivia Pope, Annalise Keating, Jessica Pearson et la dernière en lice, Cookie Lyon séduisent par leur capacité à allier le tout avec classe. Ce n’est pas anodin si même dans le divertissement les personnages favoris de l’Afro-muppie sont l’incarnation de la femme battante, courageuse et imperturbable. La « manageuse » de crise Olivia Pope interprétée par Kerry Washington détient une sympathie sans égale. Julia Mundele, 25 ans, fondatrice de JM Communication, affirme qu’elle est l’archétype de « la femme intelligente et diplomate ». Anita apprécie « le fait que le personnage principal soit une femme noire talentueuse et charismatique. Toujours au top dans son job jusqu’à en devenir névrosée… »

Il y a tout de même une réserve : « Ce n’est que la maitresse du président, qui ne quittera sa femme pour rien au monde ! » Dans le même sillage, l’ex-détenue incarcérée pour trafic de drogue et ex-femme d’un dealer reconverti en PDG dans l’industrie du hip-hop détonne avec ses tenues clinquantes et son attitude « ghetto ». La star d’« Empire » brillamment jouée par l’actrice Taraji P. Henson, a déjà de nombreux fanatiques dont Julia qui raffole de « sa détermination à se battre et à obtenir ce qui lui revient de droit. » Avocate de profession, Anita se reconnaît dans ces intrigues. « Je regarde pour le côté ambiance de bureau, avec les potins de couloirs, les problèmes d’ego entre lawyers et les clients que l’on doit satisfaire », dit-elle. Elle confesse s’être attachée au rôle de Viola Davis dans How to Get Away with Murder, car en plus d’être « la Big Boss, son histoire personnelle m’a énormément touchée ». Souffrant de malnutrition durant son enfance, elle a cru « malgré la dureté de sa réalité, en la force de ses rêves ».

« Mes activités en Afrique »

Née à Paris de parents immigrés africains, élevée « à Abidjan ou à Kinshasa » et biberonnée aux succes story made in US, l’Afro-muppie est « plurielle et plus que jamais universelle ». Elle tire pleinement les avantages provenant de cette situation auparavant désagréable.Julia ne cache pas ses ambitions : « Oui, je souhaite entreprendre une carrière internationale et développer mes activités en Afrique ». Sur ce territoire inconnu, « il est indispensable d’avoir un réseau de contacts dans mon domaine d’activité car j’ignore encore leur fonctionnement et leur système. » Le domaine du droit n’est pas en reste : « Mon cabinet travaille actuellement en réseau avec la Côte d’Ivoire ».

Sarah visualise clairement son avenir sur le continent. « Je suis rentrée au Sénégal cette année pour créer ma société, Ifren Media Group, avec pour but de créer de nouveaux médias et des contenus pour une audience africaine, aujourd’hui globale, raconte-t-elle. C’est important pour moi que ce soit une société africaine, car je souhaite définitivement rentrer m’installer au cours des trois prochaines années. » Engagée, idéaliste et certainement accro aux nouvelles technologies, l’Afro-muppie se connecte inlassablement à un autre réseau qui déconne rarement. « Mes parents, mes frères et mes amies occupent une place importante dans ma vie en ne cessant de me donner des conseils pour aller plus haut et plus loin ! », conclut Anita. Ne se considérant plus seule mais au cœur du changement, le terme empower (encourager en anglais) prend avec l’Afro-muppie un sens particulier. Car livrée à elle-même, elle est sûrement sa pire ennemie.

Article paru dans lemonde.fr.

Manda