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8 janvier 2015

Je suis…

La France est encore abasourdie par les attentats du 7 janvier dernier commis dans la rédaction du très controversé journal d’opinion Charlie Hebdo. 12 personnes sont mortes sous les balles et Paris est une scène de guerre. La presse est ébranlée et s’indigne de cet acte barbare qui fait flipper le monde entier. Blessée en son coeur, la France pleure de douleur. Pendant que les copains caricaturistes multiplient les hommages et que les journalistes brandissent le stylo, #jesuischarlie le nouvel hashtag à la mode envahit les réseaux sociaux. Tout le monde manifeste comme il le ressent son indignation ou … pas. Que nous reste-t-il vraiment à part pleurer ? 

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La presse unanime affiche son soutien. Le Monde, dans la description, titre Le 11 septembre français, Libération plus dans l’introspection et l’émotion se contente d’un sobre Nous sommes tous Charlie et la presse étrangère n’est pas en reste. The New Yorker s’interroge sur la liberté de la presse dans son papier Pens vs Guns, Crayons contre Armes et The Wired affirme que Terrorists can’t kill Charlie Hebdo’s Ideas, Les Terroristes ne peuvent pas tuer les idées de Charlie Hebdo. Impossible de répertorier les points de vue et les réactions de tous. Il est tout à fait probable que ce brouhaha de colère risque de s’intensifier dans les jours à venir.

Pour ma part, j’ai appris la nouvelle sur les réseaux sociaux. Et je me suis rappelée qui était Charlie. Charlie Hebdo est un journal satirique qui a souvent voire toujours dépassé les bornes du respect de l’autre et de la liberté d’expression. Ce qui était étrange, c’est qu’à ce moment-là, je n’ai pas été surprise, je me suis dit que ça arriverait un jour. Et malgré tout ce que je pense de ce canard, cela n’excuse en rien le comportement de ces 3 lascars ou extrémistes plutôt stupides au nom de cet Allah, ce Bouddha ou ce Jéhovah qui apparemment ne sait pas se défendre !

Il est coutume de raconter du bien de la personne décédée même si au fond on sait tous que le défunt était une enflure. La rédaction de Charlie Hebdo était, à mon sens, une réelle mascarade. Elle ne se gênait pas pour se payer la tête de toutes les obédiences, de toutes les confessions et de tous les politiques sans respect. Faisant de la provocation son fond de commerce, personne n’était épargné. Dans notre démocratie, on appelle cela de l’humour alors que dans mon jargon, cela s’apparente à de la merde qui devait exister ou du moins coexister dans un ensemble solide de médias pour doser leurs propos outranciers.

J’essaie de comprendre comment les choses sont allées si loin et plus j’essaie, plus je suis étonnée qu’aucun média n’ai encore pointé le doigt sur notre mal sociétal. Au fond, je ne sais pas ce que c’est d’être Charlie, nous ne savons pas ce que cela signifie vraiment. Nous ne savons pas ce que représente la liberté d’expression que nous scandons dans nos rues, sur Instagram, sur Twitter ou Facebook. Nous ne le saurons surement jamais si nous n’apprenons pas à vivre ensemble, à accepter la pluralité. Les attentats de Paris ont mis le doigt sur un constat glaçant : la France n’est pas humaniste et elle ne l’a jamais été.

Cette hypocrisie ambiante a réveillé une haine qui ne finira pas d’enfler, si nous n’en prenons pas conscience ensemble. Elle s’observe dans nos urnes, dans nos médias, dans nos quartiers et plus globalement dans notre société. Ce dialogue de sourds nous a emmené là où nous sommes aujourd’hui, dans une société à deux vitesses où le diable est forcément étranger ou immigré. Une société qui a confondu laïcité et clientélisme, islam et intégrisme, religion et foi, diversité et racisme, liberté et manque de respect. Une société qui désormais pleure des larmes brulantes, pas de crocodile mais de peur.

Sonnette d’alarme ? Coup monté ? Recherche du scoop ? Je n’en sais trop rien. Juste une réelle tristesse vis-à-vis d’une nation en chute libre, plus enclin à dénoncer, humilier, traquer qu’à éduquer et encourager. En fait, la France ne croit plus en rien. Elle ne croit plus en sa jeunesse, en l’ouverture et en l’amitié. Faisant preuve d’une amnésie sélective la plupart du temps, elle se réveille seulement en période d’électorale. Cette semaine, le réveil a été d’une brutalité sans nom, plein de gerbe et de nausées. Ironie du sort, Charlie Hebdo ont eu la mort qu’il voulait. Ils seront les martyrs d’un journalisme et d’une nation souffrant d’un trouble identitaire de malade !

Manda
26 décembre 2014

Love Addict

En choisissant Jennifer Lopez pour illustrer la couverture de janvier 2015, Self Magazine savait qu’elle collerait à merveille au cahier des charges imposé : bikini, pose sexy, peau huileuse et regard transpirant la confiance en soi. Jennifer Lopez est une force de la nature qui a bâti sa carrière avec un travail acharné et une ambition sans bornes. Après plus d’une décennie de carrière, elle avoue son incapacité à s’apprécier à sa juste valeur dans son livre True Love et partout où elle peut elle partage avec humilité son parcours amoureux décousu. A 45 ans et en dépit d’une carapace charnelle irréprochable, elle confesse vouloir s’aimer dans sa globalité !

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La rédaction de Self Magazine a tout de même souhaité apporter de la substance à son premier numéro de l’année, à première vue, trop accès sur la santé physique. Il s’érige en lieu d’introspection, une sorte de tribune idéale qui donne la liberté à la célébrité de s’exprimer sur son évolution en tant qu’être humain. Jennifer Lopez est une superbe candidate car elle aborde un sérieux tournant de sa vie de femme et de mère. I’m facing my fears and working on myself, j’affronte mes peurs et je travaille sur moi-même est un témoignage profond, loin de l’image de la bombe sexuelle sans cervelle capitalisant tout sur son booty.

Jennifer s’est toujours affichée en femme puissante, ambitieuse et libre. Je n’arrive toujours pas à croire que celle qui a mis le Bronx sous les feux des projecteurs, populariser le survêtement peau pêche (ce n’était pas une tâche aisée !) et prouver à la terre entière qu’on pouvait être chanteuse sans forcément savoir chanter ait et peut avoir des problèmes d’estime. Avec un CV qui en jette, je pensais que malgré toutes ces années sur scène en combinaison paillettes, rien ne pouvait l’ébranler. Soyons sérieux, n’y a rien de pire qu’une combinaison paillettes et … qu’un peau de pêche !

Sa plastique renversante a toujours eu le don d’éclipser son addiction à l’amour. Avec elle pas de demi-mesure quand elle aime, elle fusionne. Elle a eu sa période ghetto fabulous avec P.Diddy, Puff Daddy ou Diddy peu importe, devient white middle class avec Ben Affleck, embrasse ses origines portoricaines avec Marc Anthony et s’entiche d’un jeune chorégraphe/danseur/profiteur d’une vingtaine d’années et ce toujours sous les objectifs sans vraiment apprendre la moindre leçon de ses relations pathétiques précédentes.

Après 3 divorces, des fiançailles avortées doublées d’une humiliation médiatique et la possibilité que son dernier ex soit plus intéressé par les hommes que les femmes, Jennifer dit stop et s’examine pour de vrai, cette fois ! C’est à 45 ans que Jennifer fait la révélation la plus touchante de sa carrière. Oui parce qu’au fond, elle est le dénominateur commun. Le problème ne vient pas forcément des autres. Elle a le courage d’affronter sa peur et de partager un aspect navrant de sa personnalité au risque d’ébranler son image de superwoman latina qu’elle avait pris soin de créer pièce par pièce.

Au fond, nous nous sommes toutes retrouvées dans ce genre configuration, enfermées dans ce genre de mensonge. En négligeant notre besoin de guérison et de célébration interne, en courant sans réfléchir après des hommes qui ne satisferont jamais notre soif d’amour-propre, nourriront davantage notre vulnérabilité et en nous rendant à la merci de vendeurs de rêves mythomanes mégalomanes capables de déceler notre sensibilité au rejet avec brio pour mieux nous arnaquer, nous propageons le virus le plus virulent de la gent féminine : le manque d’estime de soi. Une maladie qui se transmet généralement de mère en fille et qui se distille insidieusement dans la presse féminine.

Jennifer Lopez l’a bien compris et utilise à bon escient sa médiatisation pour éveiller les consciences sur ce mal-être qui nous ronge d’une façon si particulière. Elle joue de son universalité pour inspirer une multitude de femmes à emprunter le chemin bienfaiteur de la pleine estime de soi. Sa révolution interne me botte plus que l’éventuelle sortie d’un nouvel album avec Pitbull. Je crois qu’il n’y a pas d’âge pour s’aimer et si c’est à 45 ans qu’elle trouve le désir de vraiment être en phase avec elle-même alors c’est hyper cool. En plus, elle aura fait le boulot dans sa totalité, car son corps est à tomber !

Manda
18 décembre 2014

Oprah Winfrey 3.0

C’est donc tout naturellement que le choix de Wired pour sa couverture de rentrée 2015 s’est porté sur Jessica Williams qui s’accommode avec aisance dans l’univers coloré, audacieux et innovateur de la publication branchée. Une réelle consécration pour celle qui cultive l’ironie sans modération, brille par sa personnalité atypique et détonne grave dans ce cercle immaculé de filles arty à la sauce hipster qui fait bouger la Grosse Pomme mais s’auto-proclamer comme la future Oprah Winfrey, n’est-ce pas trop ambitieux ?

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Solange-esque dans les pages du mensuel, l’actrice de 25 ans s’exprime avec confiance sur ses aspirations futures et avoue vouloir marcher sur les traces de son idole, Oprah Winfrey. The World Needs a Smart Site, and I’m Just the Person to Run It, Le monde a besoin d’un site intelligent et je suis la bonne personne pour le diriger témoigne qu’en plus d’être bien dans ses baskets, son boulard pourra bientôt rivaliser avec celui de la prêtresse du petit écran. L’audace de Jessica Williams est un vent d’air frais dans ce climat peu propice à la nouveauté. Jessica fait partie de cette nouvelle génération de femmes couteau suisse : brillante, percutante, marrante et bien dans sa peau. Un souffle d’originalité dans ce paysage audiovisuel saturé.

L’hyper connectée originaire de Californie est un cas intéressant pour l’avenir de la télévision et de tous les médias dont elle a déjà pris l’assaut. Celle qui fait ses armes en tant que correspondante du Daily Show sur Comedy Central, une émission satirique dont seule les Américains ont la recette, a le profil idéal pour devenir un phénomène émergent à part entière. Time Out Magazine ne s’y était pas trompé en la répertoriant parmi les futures personnalités à suivre dans son numéro The Top 10 funniest women in NYC, le top 10 des femmes les plus marrantes de New York. En plus de son talent indéniable, son charisme naturel se charge de faire le reste.

Plus d’un milliers de followers sur Twitter et Instagram, Jessica n’hésite pas à partager ses états d’âme sur l’atmosphère raciste qui sévit dans l’Amérique de l’ère Obama. C’est finalement ce qui la différencie sensiblement de toutes ses consoeurs boulottes, rigolotes et …euh blanches. Son impact va au-delà du divertissement à l’état pur. A elle seule, elle cristallise les tensions émanant de la communauté afro-américaine et n’hésite pas à se transformer en porte-voix pour crier son mécontentement si nécessaire. A l’instar d’Oprah, peu de femmes ont eu le courage d’utiliser leur popularité pour éveiller les consciences et faire de la télévision un lieu de connexion, de confession et d’identification.

Proposant une analyse sérieuse de la pop culture inscrite dans l’émergence d’une nouvelle vision de l’information plus ancrée dans le métissage, cette perspective plus ouverte sur les races, les genres et surtout les mentalités est à contre-courant de ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis. En se considérant comme un pont entre les communautés, Jessica Williams coiffe au poteau la nombriliste Lena Dunham qui n’a pas eu d’autres choix que de l’inviter à faire plusieurs apparitions dans sa série à succès : Girls. Un pied-de-nez à celle qui n’avait pour le moment pas intégré un seul personnage de couleur. En Amérique, c’est presque raciste. En France, c’est normal !

Fricoter avec Jessica, c’est être sûr de fricoter avec la frange de la communauté afro-américaine cultivée et fatiguée de sa représentation faussée par les médias. En ne rejetant pas la pop culture mais en l’embrassant, en l’analysant, Jessica propose une autre alternative. Wired a effectivement vu juste car, oui, Jessica est en passe de changer la donne en profitant de l’espace libre pour poser sa marque et à terme imposer sa vision des choses afin d’avoir à son tour la force de frappe de son ainée, la mégalomanie en moins !

Manda
25 novembre 2014

Black Mamba

Pour la promotion de son ouvrage polémique Merci pour ce moment, la journaliste cocue de Paris Match a trouvé une tribune disponible pour crier au monde son humiliation : la Grande-Bretagne. Profitant de cet écho médiatique de grande envergure pour troubler encore et toujours son ex-amoureux dans l’exercice de ses fonctions, Valérie balance presque tout dans une interview exclusive pour le Times Magazine et un entretien choc dans The Andrew Marr Show sur la BBC. Plus rageuse, tu meurs !

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Le comportement de Valérie Trierweiler s’apparente à celui des maîtresses de footballeurs, grossier et immature. Prêtes à offrir au plus offrant les détails les plus sordides de leurs nuits torrides pour plus de cash et un peu d’attention, aussi volatile soit-elle. La reconstruction est souvent la seule excuse à ses dommages collatéraux engendrés. Les médias britanniques raffolent de ces méthodes grivoises et excelle dans la culture du voyeurisme. Alors l’ex-concubine gratte là où elle le peux, tout en souhaitant s’attirer la sympathie de la cour et prétendre qu’elle est atteinte du même syndrome que Lady Diana.

L’instabilité est la maladie de l’homme. François Hollande ne serait donc pas étranger à une possible contamination. En réalité, qui n’a jamais voulu se venger ? Moi, la première. Balancer sur les trucs super désagréables qu’on a kiffé au tout début de la relation, tout le monde le fait ! A un certain moment il faut savoir quitter avec classe même si ça flatte l’ego de raconter au monde entier qu’il pétait au lit, pas le petit pet mignonnet qui fait marrer mais celui qui prend des heures à aérer.

En tant que femme, je respecte la couleur de ses sentiments et je crois que chacun devrait gouverner son chagrin comme il l’entend. Cependant, son attitude laisse croire qu’elle est la seule femme ici-bas à avoir été jetée, comme si elle détenait le monopole de l’humiliation. Qu’est-ce que devrait dire Hillary Clinton ? Personne n’a considéré une seule seconde son supplice et le tapage médiatique sans pitié qui a dû l’accabler pendant, durant et après le scandale Monica Lewinsky. Et Anne Sinclair ? Ségolène Royal ?

Valérie s’est vraiment cru dans Kill Bill cependant dans la vraie vie, François Hollande n’est pas un amant comme les autres. Il est président. Pas président du club d’échec de Tulle mais celui d’un pays qui s’appelle la France. Cette histoire prend des proportions bien trop grandes et celle qui se plaint d’être suivie par l’Elysée devrait se méfier. Sa vengeance, non sa reconstruction, aura d’ici peu un goût très amer. La CIA, le KGB et le Mossad pour ne citer qu’eux, ne se seraient pas encombrés avec une concubine trop bavarde, si vous voyez ce que je veux dire ?

La France est un pays merveilleux où la liberté d’expression règne. Un pays où une amante-journaliste venue de nulle part peut se permettre de rapporter qu’elle détient les textos de son ex pour faire rager l’actuelle Julie Gayet sur une chaîne internationale. Il n’y a que la DGSE (notre agence secrète à nous !) pour laisser fuiter une boulette pareille. A croire que l’Elysée n’avait pas assez de fric pour lui clouer le bec. La hausse des impôts sur les revenus médians et plus bas n’a malheureusement pas servi à grand-chose !

Manda