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25 novembre 2014

Black Mamba

Pour la promotion de son ouvrage polémique Merci pour ce moment, la journaliste cocue de Paris Match a trouvé une tribune disponible pour crier au monde son humiliation : la Grande-Bretagne. Profitant de cet écho médiatique de grande envergure pour troubler encore et toujours son ex-amoureux dans l’exercice de ses fonctions, Valérie balance presque tout dans une interview exclusive pour le Times Magazine et un entretien choc dans The Andrew Marr Show sur la BBC. Plus rageuse, tu meurs !

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Le comportement de Valérie Trierweiler s’apparente à celui des maîtresses de footballeurs, grossier et immature. Prêtes à offrir au plus offrant les détails les plus sordides de leurs nuits torrides pour plus de cash et un peu d’attention, aussi volatile soit-elle. La reconstruction est souvent la seule excuse à ses dommages collatéraux engendrés. Les médias britanniques raffolent de ces méthodes grivoises et excelle dans la culture du voyeurisme. Alors l’ex-concubine gratte là où elle le peux, tout en souhaitant s’attirer la sympathie de la cour et prétendre qu’elle est atteinte du même syndrome que Lady Diana.

L’instabilité est la maladie de l’homme. François Hollande ne serait donc pas étranger à une possible contamination. En réalité, qui n’a jamais voulu se venger ? Moi, la première. Balancer sur les trucs supers désagréables qu’on a kiffé au tout début de la relation, tout le monde le fait ! A un certain moment il faut savoir quitter avec classe même si ça flatte l’ego de raconter au monde entier qu’il pétait au lit, pas le petit pet mignonnet qui fait marrer mais celui qui prend des heures à aérer. Pas à son premier coup d’essai, plus personne ne voudra se la taper !

En tant que femme, je respecte la couleur de ses sentiments et je crois que chacun devrait gouverner son chagrin comme il l’entend. Cependant, son attitude laisse croire qu’elle est la seule femme ici-bas à avoir été jetée, comme si elle détenait le monopole de l’humiliation. Qu’est-ce que devrait dire Hillary Clinton ? Personne n’a considéré une seule seconde son supplice et le tapage médiatique sans pitié qui a dû l’accabler pendant, durant et après le scandale Monica Lewinsky. Et Anne Sinclair ? Ségolène Royal ? Rebondir n’est pas une option mais une obligation !

Valérie s’est vraiment cru dans Kill Bill cependant dans la vraie vie, François Hollande n’est pas un amant comme les autres. Il est président. Pas président du club d’échec de Tulle mais celui d’un pays qui s’appelle la France. Cette histoire prend des proportions bien trop grandes et celle qui se plaint d’être suivie par l’Elysée devrait se méfier en motion. Sa vengeance aura d’ici peu un goût amer. La CIA, le KGB et le Mossad pour ne citer qu’eux, ne se seraient pas encombrés avec une concubine trop bavarde, si vous voyez ce que je veux dire ?

La France est un pays merveilleux où la liberté d’expression règne. Un pays où une amante-journaliste venue de nulle part peut se permettre de rapporter qu’elle détient les textos de son ex pour faire rager l’actuelle Julie Gayet sur une chaîne internationale. Il n’y a que la DGSE (notre agence secrète à nous !) pour laisser fuiter une boulette pareille. A croire que l’Elysée n’avait pas assez de fric pour lui clouer le bec. La hausse des impôts sur les revenus médians et plus bas n’a malheureusement pas servi à grand-chose !

Manda
6 novembre 2014

Le miroir aux alouettes

Dans son dossier intitulé Woman of the Year 2014 : Strong. Smart. And Changing YOUR World du Glamour US du mois de décembre, la rédactrice en chef, Cindi Leive honore les femmes qui ont marqué l’année. L’actrice, réalisatrice et bête de mode Lupita Nyong’o est naturellement en couverture. Des noms prestigieux s’y côtoient comme Chelsea Clinton, Mindy Kaling, Natalia Vodianova et le plus surprenant de tous : Laverne Cox. A l’instar du Times, V Magazine, Essence Magazine et ses autres homologues, Cindi Leive considère que la star d’Orange Is The New Black a tout à fait sa place dans les pages de son magazine en tant que porte-parole attitré de la cause transgenre et surtout en tant que femme. Cindi Leive marque le ton : 2015 sera transgenre ou ne sera pas !

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Il est très difficile de parler de transsexualité sans se heurter à l’histoire des l’individus qui se cachent derrière ce mot. Ce serait maladroit d’occulter le fait qu’il y réside une réelle souffrance et une grande incompréhension de notre part. C’est un terme qui fout la frousse tant il nous ramène à notre propre identité et au trouble qu’il peut en résulter. Cependant le désir de vouloir s’échapper de son genre ne fait pas de notre appartenance génétique un mensonge. Aussi attachant qu’il puisse être, Laverne Cox ne peut pas duper l’ADN et ça se voit à la taille de ses panards. Désolée d’aller à l’encontre du message dans l’air du temps et de son témoignage boulversant mais Laverne Cox n’est pas une femme !

Pourtant Glamour Magazine, Times et toutes les publications du monde insinuent qu’il est tout à fait possible d’interchanger les genres en réduisant la féminité à des attributs extérieurs tels qu’un maquillage impeccable, une chevelure brillante, une manucure parfaite, une paire de stilettos et une robe fendue. Ca marche aussi pour le cas inverse. Le révolution est en marche et l’ambiguité se précise avec glam et sapes de créateurs ! Les réfractaires à cette pensée unique sont et seront davantage perçus comme des bouffons peu enclin à vouloir accepter la modernité.

Quelle modernité ? Cette mutilation moderne que l’on surnomme réassignation sexuelle, considérée comme le passage ultime vers le statut de femme. En clair, se scier la biloute et gober des pillules ne fait pas d’un mec une femme même s’il est plus bonne que la plus bonne de mes copines. Il n’existe pas d’homme avec un vagin fonctionnel. Ca n’a jamais existé et ça n’existera jamais. En embrassant cette illusion nous nous désengageons de notre propre féminité. Etre femme n’est pas un concept mainstream, une tendance et ne se matérialise pas par le biais d’une opération chirurgicale.

On nous rabâche sans cesse la fameuse citation de Simone de Beauvoir – On ne naît pas femme, on le devient – pour légitimer ce nouveau phénomène médiatique. Clairement, c’est se foutre de ma féminité et de toutes celles qui souffrent pour ce qu’elles sont. Je ne sais pas à qui ont été destinés les mots de Simone mais je tends à croire qu’elle n’avait aucunement l’intention d’être la figure de proue de cette supercherie pop, de cette blague internationale. Pourquoi sommes-nous incapables d’être ce que nous sommes dans la limite de ce que nous sommes ! 

En réalité, je suis convaincue qu’elle s’attaquait de manière frontale à ce rôle féminin imposé par l’homme traditionnel, le macho de base. Ce rôle les invitant à croire qu’il existe une façon spécifique de faire la conversation, de rire, de marcher et voire même d’aimer propre au sexe féminin. Aujourd’hui, la mode et les médias se sont empressés de prendre le flambeau et de donner le ton. Une comédie montée de toutes pièces dont les générations futures seront les grandes victimes. Rien n’est plus difficile que de regarder son reflet dans un miroir aux alouettes !

Alors pourquoi l’industrie de la mode, si intelligente, n’arrive-t-elle pas à comprendre qu’il existe une différence intrinsèque entre « nature » et « culture » ? Parce qu’elle est perpétuellement à la recherche de sang neuf, de phénomène. La presse s’amuse-t-elle à nous faire croire que les lignes sont plus floues qu’elles ne le sont déjà ? Oui, avec aisance. Nous prend-elle pour de vrai(es)s imbéciles ? Je crois et ce malgré le fait qu’un lion a beau vouloir devenir un oiseau, cela ne fera pas de lui un oiseau parce qu’il le désire tant, non ?!

Manda
30 octobre 2014

That B**** stole my style !

Faut pas se mentir, toutes les couvertures sont dans un mode rébarbatif à outrance. Des têtes et des corps similaires, sans trop de suspense d’ailleurs, squattent l’affiche mais ça, ce n’est pas la réalité. En tout cas, pas la mienne ! Pour les 16 ans de la version mexicaine de Glamour Magazine, la rédactrice en chef a fait un truc surprenant, à défaut de mettre en couverture une actrice de telenovela refaite de partout avec l’argent des cartels, Lucy Lara a fait appel à la plus excentrique et sympatoche des animatrices : Kelly Osbourne

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J’ai failli passer à côté de la plus belle couverture du mois d’octobre 2014. Kelly Osbourne est juste sublime, son maquillage est à la pointe, ses cheveux violets sont parfaits et sa robe est une tuerie. Quand, j’ai vu cette couverture, je me suis dit « ça aurait pu être moi », en fait non, ça aurait être n’importe qui. C’est l’effet Kelly Osbourne, on a juste l’impression qu’elle est une copine tellement elle est vraie. Le behind the scenes est trop émouvant. Rien ne semble contrefait car son témoignage est juste ainsi que dans l’exposé des leçons que la vie lui a offertes !

Je me souviens d’elle et de sa télé-réalité sombre, de sa perte de poids extra-ordinaire, de sa reprise de poids extra-ordinaire et de ses nombreux allers-retours en cure de désintoxication cependant depuis de sa participation récurrente en 2010 à l’émission Fashion Police diffusée sur E! Entertainment, elle s’est muée de fille de rockeurs britanniques sur le départ en référence modesque redonnant foi à toutes les boulottes (… et pas que !) de la planète qui se retrouvent en elle sans grande difficulté.

Kelly n’a jamais caché son parcours semé de burgers, de psychotiques & psychotropes, de rock, de beuverie et surtout de son incommodité à peine dissimulée à vivre dans sa propre peau. Souvent reléguée au second-plan par ses potes It girl encensées par les marques pour leurs physiques, elle était juste la pote un peu grosse et marrante de toutes celles qui n’ont duré que le temps d’une saison. A défaut de pouvoir vendre sa silhouette imparfaite, sa coupe singulière, sa personnalité et son sens inimitable du style ont su trouver son public. Et aujourd’hui, Kelly est l’une des rares anglaises à cartonner outre-atlantique et ses copines It girls, elles sont où ?!

Ebahie par ses combinaisons d’imprimés improbables, sa collection de fringues Stories by Kelly Osbourne sortie en fin septembre dernier raconte une tout autre histoire, celle de la quintessence de son individualité propre en tant que créatrice et leader d’opinion. A l’heure où toutes les célébrités font des lignes de fringues alors qu’elles ne savent pas se saper de manière décente, Kelly tire son épingle du jeu en créant des ensembles fous et classes adaptés à toutes les silhouettes même les plus pulpeuses (… pour ne pas dire pour les obèses !) pas encore disponible en France, on s’en serait douté !

La chaine de divertissement et de télé-réalité de luxe, surfant sur cette vague d’actualité fraîches, ne souhaite pas arrêter la diffusion de Fashion Police. Oui, c’est assez difficile à admettre mais Fashion Police se fait sans Joan Rivers. Convaincue que Rivers a su, avec l’humour et l’humanité qui l’a caractérisée, transmettre les outils et le savoir-faire nécessaires qui permettront à Kelly Osbourne d’être une personnalité remarquable car elle a les épaules assez larges pour succéder à celle qui a fait du bitching une profession à part entière. 

Manda
19 octobre 2014

Génération scandaleuse

En couverture du Hollywood Reporter du mois d’octobre, Shonda Rhimes, la réalisatrice, scénariste et productrice se la raconte un peu. Son actualité ne cesse d’enfler avec la venue de son nouveau bébé, How To Get Away With Murder mettant en scène une Viola Davis (La Couleur des Sentiments, Antwone Fischer…) dans un registre plus sexy tu meurs. Malgré ce tintamarre médiatique inutile autour de la capacité ou non de Viola Davis à ne jouer que des rôles dramatiques, Shonda Rhimes, 44 ans, continue son chemin en toute tranquilité et nous promet de squatter le petit écran, et plus encore avec une 11ème saison et peut-être même une 12ème pour Grey’s Anatomy, une 4ème saison attendue de Scandal, une introduction badass de How To Get Away With Murder encore inédite en France et la sortie prévue en 2015 d’un livre mi-mémoire, mi-roman. Malgré une carrière irréprochable et une longévité sans pareil, son ascension bien méritée fait anormalement jaser.

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Shonda Rhimes, c’est un peu la Beyoncé de l’audiovisuel. Elle sort tout en même temps et comme par magie, ben, ça marche. Bizarrement, son audience est aussi diverse que ses personnages Benetton et ses histoires sont universelles. C’est surement ça la recette Rhimes et comme c’est devenu commun de détester ce qui marche et bien, l’article de septembre dernier du New York Magazine essaie de lui trouver des défauts. Et le défaut, le plus évident est que la réalisatrice est une femme, oui, une femme qui ne s’arrête effectivement pas, une femme dans l’air du temps, une femme qui impose sa loi ! Mais, cela ne suffit pas car ça n’a pas de sens, des femmes puissantes y en a des masses mais pas dans l’audiovisuel et encore moins des noires. Et bim, c’est dit !

Shonda Rhimes est ronde, noire et puissante. Trois mots qui ne vont pas forcément ensemble. Non, trois mots qui ne vont pas du tout ensemble et c’est ce paradoxe qui berce la globalité de son oeuvre. Une association étrange qui relie ses personnages, des femmes, elles aussi mais pas n’importe lesquelles. Oui, qui pouvait s’imaginer un jour qu’une femme noire puisse faire tourner la tête d’un président, républicain de surcroit ou encore que le beau docteur Mamour puisse jeter son dévolu sur une interne rachitique semi-dépressive aux cheveux gras. Finalement, ses comédiennes féminines sont aussi puissantes, libres et… outrageusement à la ramasse.

Avec Shonda, les femmes afro-américaines désertes les parloirs de prisons pour diriger des cabinets d’avocats et/ou de gladiateurs. Les femmes asiatiques sont autre chose que des masseuses exotiques ou des adeptes de Kung Fu. Il y a de tout : des blonds sexy, des saints sexy, des connards sexy, des noirs sexy, des métisses sexy et même des roux sexy. Une perception, certes photoshopée, de la vie qui donne une toute autre saveur à nos ambitions personnelles. Et c’est en ça que Shonda Rhimes est révolutionnaire car son Girl Power est insidieux, il ne fait pas grand bruit, il se dissimule dans des récits, nous laissant le choix de faire, ou non, notre interprétation de la vie et de notre société.

Shonda Rhimes est, à mon sens, dotée d’un génie diabolique, en avance sur les questions contemporaines qui chiffonnent les politiques. Le New York Times peut tout dire, la traiter de rageuse noire ou même critiquer son franc-parler, je reste convaincue qu’elle a contribué d’une manière conséquente au renouveau de ce média voué au décès et au-delà. Autant dire que personne n’imaginait qu’une boulotte puisse changer la face du petit écran américain et mondial avec tant d’aisance. C’est peut-être ça qui fout les boules, en fait ! C’est en partie grâce à elle que nos vendredis soirs sont désormais plus jouissifs, que le pyjama est devenu une tenue super hype et que nos Ipods sont inondés de chanteurs folks neurasthéniques ponctuant nos moments de tristesse et de spleen à la Meredith Grey !

Elle s’adonne à mettre en exergue nos péchés, nos fantasmes, nos hontes et nos secrets. Cherchant constamment à nous déranger, à nous choquer et à nous questionner sur la véracité de nos doutes. Shonda prend un malin plaisir à glamouriser l’adultère, magnifier la névrose et normaliser les déviances. Sachant à merveille que la fiction influence toujours plus la réalité, elle travaille à édifier la femme dans toute sa diversité. Pire, elle lui donne les reines de sa sexualité, de sa carrière et de sa fragilité. Au fond, on se demande juste combien de pourcentage d’elle-même se cache derrière chacun de ses personnages-fétiches ? 90, 50, 10% ? Son livre nous le dira peut-être !

Manda